Lundi 20 décembre 1 20 /12 /Déc 11:47

Retour en arrière de 1717 à 1848.

Pour mettre en valeur l’île Bourbon, la compagnie des Indes et les colons utilisent une main-d’œuvre servile. De 1717 à 1817 près de 80 000 esclaves sont introduits dans l’île. Ils proviennent d’une traite régionale qui se fournit sur les côtes de l’Afrique orientale et à Madagascar. La Révolution française abolit l’esclavage en 1794 mais les colons de La Réunion refusent d’entériner cette décision qui les ruinerait et renvoient les commissaires de la République venus faire appliquer la loi. Le rétablissement de l’esclavage en 1802 destiné à relancer l’économie des colonies est accueilli avec soulagement. En 1834, l’Angleterre met fin à l’esclavage dans ses colonies. Les esclaves des îles voisines – Maurice et les Seychelles – sont libres. Ce n'est pas le cas des esclaves réunionnais qui doivent attendre la révolution de 1848. Le Commissaire général de la République, Sarda-Garriga, débarque le 13 octobre 1848 à l’île Bourbon, renommée île de la Réunion, et proclame l’abolition le 20 décembre 1848. Le jour même, environ 62 000 esclaves sont libérés dans le calme.

L'année 1848 est, à la Réunion celle de grands changements dont le principal est l'abolition de l'esclavages. En février 1848 c'est la Révolution, le gouvernement de Louis-Philippe est renversé. La nouvelle arrive à la Réunion en mai, le 8 juin 1848, le Calcutta navire qui arrive de bordeaux, apporte la confirmation officielle du changement de régime. Le lendemain la République est proclamée.

 

Le 10 juin 1848 les décrets du gouvernement provisoire sont enregistrés par la cour d'appel. Les propriétaires sont inquiets. Plusieurs membres de ce gouvernement sont des farouches abolitionnistes. Et puis arrive dans l'île une dépêche confirmant le crainte des colons; l'esclavage a bel et bien été aboli.

Le décret du 27 avril 1848 mettant fin à l'esclavage s'accompagne de treize autres décrets destinés à prévenir certaines difficultés que pourrait entraîner l'émancipation des esclaves. Or à la Réunion on estime qu'aucune mesure efficace n'a été mise en place pour préserver l'économie locale. Le 17 juillet les colons se rassemblent, le 18 juillet, un comité provisoire de quinze membres est élus, un vent d'agitation souffle parmi les colons. Le gouverneur Graeb, de son côté, se contente d'un rôle d'observateur d'autant qu'il sait que ses jours dans la colonie sont comptés. En effet il sera remplacé par un commissaire de la République.

Le 13 octobre 1848, arrivé de SARDA GARRIGA

l' Oise jette l'ancre en face de Saint-Denis, à son bord, Sarda Garriga, commissaire générale de la République, chargé de proclamer l'émancipation des esclaves de la Réunion.

Le 19 octobre 1848, Sarda Garriga fait enregistrer la promulgation du décret d'abolition par la cour d'appel

Le 24 octobre 1848, nouveau décret qui organise le travail pour les nouveaux affranchis. Les personnes non libres sont obligées de contracter un engagement de travail avant le 20 décembre 1848. Les propriétaires approuvent, mais Sarda Garriga doit se défendre de vouloir, par le biais du travail obligatoire, maintenir une sorte d'esclavage.

  

 

 

Texte de la proclamation du 20 décembre 1848 signé par SARDA-GARRIGA.

  

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

20 DÉCEMBRE 1848.

AUX TRAVAILLEURS.

 

Mes amis.  

Les décrets de la République française sont exécutés : Vous êtes libres. Tous égaux devant la loi, vous n'avez autour de vous que des frères.

La liberté, vous le savez, vous impose des obligations. Soyez dignes d'elle, en montrant à la France et au monde qu'elle est inséparable de l'ordre et du travail.

Jusqu'ici, mes amis, vous avez suivi mes conseils, je vous en remercie. Vous me prouverez que vous m'aimez en remplissant les devoirs que la Société impose aux hommes libres.

Ils seront doux et faciles pour vous. Rendre à Dieu ce qui lui appartient, travailler en bon ouvriers comme vos frères de France, pour élever vos familles; voila ce que la République vous demande.

Vous avez tous pris des engagements dans le travail : commencez-en dès aujourd'hui la loyale exécution.

Un homme libre n'a que sa parole, et les promesses reçues par les magistrats sont sacrées.

Vous avez vous-même librement choisi les propriétaires auxquels vous avez loué votre travail : vous devez donc vous rendre avec joie sur les habitations que vos bras sont destinés à féconder et où vous recevrez la juste rémunération de vos peines.

Je vous l'ai déjà dit, mes amis, la Colonie est pauvres beaucoup de propriétaires ne pourront peut-être payer le salaire convenu qu'après la récolte. Vous attendrez ce moment avec patience. Vous prouverez ainsi que le sentiment de fraternité recommandé par la République à ses enfants, est dans vos cœurs.

Je vous ai trouvés bons et obéissants, je compte sur vous. J'espère donc que vous me donnerez peu d'occasion d'exercer ma sévérité; car je la réserve aux méchants, aux paresseux, aux vagabonds et à ceux qui, après avoir entendu mes paroles, se laisseraient encore égarer par de mauvais conseils.

Mes amis travaillons tous ensemble à la prospérité de notre Colonie. Le travail de la terre n'est plus un signe de servitude depuis que vous êtes appelés à prendre votre part des biens qu'elle prodigue à ceux qui la cultivent.

Propriétaires et travailleurs ne feront plus désormais qu'une seule famille dont tous les membres doivent s'entraider. Tous libres, frères et égaux, leur union peut seule faire leur bonheur.

La République, mes amis, a voulu faire le votre en vous donnant la liberté. Qu'elle puisse dire que vous avez compris sa généreuse pensée, en vous rendant dignes des bienfaits que la liberté procure.

Vous m'appelez votre père; et je vous aime comme mes enfants; vous écouterez mes conseils : reconnaissance éternelle à la République française qui vous a fait libres ! et que votre devise soit toujours Dieu, la France et le Travail.

Vive la République !

Signé SARDA-GARRIGA.

 

( SOURCE : www.miaimeaou.com )

 


Aujourd'hui, la fête de l'Abolition de l'esclavage est célébrée dans toute l’île. Tous les réunionnais sont vétus d'habits de fête et se souhaitent une bonne fête. Les scènes du 20 décembre ne ressemblent à aucune autre au cours de l'année. Lorsque le maloya, cette musique longtemps interdite (jusque dans les années 70-80 !) retrouve les feux de la rampe, elle émeut et dynamise les foules. Le 20 décembre, tout est différent : on sort, on bouge, les rues s'animent. L'air palpite au rythme du séga et du maloya. Généralisée il y a un peu plus de 10 ans, la fête du 20 décembre est devenue une institution dans toute la Réunion. Si les Cafres, Malgaches, Comoriens, et même Indiens, sont les premiers à animer cette fête contre l'esclavage et l'engagisme, les yabs, ces petits blancs des hauts, les zoreils, ces métropolitains importés, sont de la fête aussi. Le 20 décembre, on fête la liberté tout en couleurs.

 

 

 

En ce 20 decembre 2011, je pense fort à la Réunion et vous souhaite une bonne fête !

 

 

Par Jérémy - Publié dans : Culture Réunionnaise
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